Denis Salem | Blog

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Aout 2015

Je cherchais quelque chose de plus visuel et de beaucoup moins mental dirons nous. Une troisième tentative avec les champignons l'été derniers, au dernier festival de la Hadra dans le Vercors, semble avoir confirmé que ça ne correspond pas à ce que je cherche, mais ce pourrait être aussi une question de dosage et d'état d'esprit. Toujours est-il que j'ai pu mettre la mains sur de la Salvia Divinorium, de la bonne du terroir, si l'on peut dire. Je m'efforçais à ce moment de me défaire des aprioris que j'avais développé sur les effets en lisant les trip reports d'autres psychonauts, retenant que ce que j'avais vécu avec les champignons était finalement assez différent de ce que j'avais lu. Encore une fois le dosage et l'état d'esprit y sont sans dans doute pour quelque chose.

La Salvia se chique ou se fume. Je n'aime pas fumer et il paraitrait que chiquer la Salvia augmenterait substantiellement ses effets. Mon amie et moi même choisîmes donc de mâcher la plante jusqu'à ce que les effets apparaissent. Nous avions préparé un grand bol de feuilles fraiches. Pendant ce temps, et bien que je n'étais guère inquiet d'un éventuelle accident ou bad trip, je m'assurais que son appartement, qui donc serait le lieu de notre trip, ne présenterait aucun danger potentiel.

Le goût est infâme. Il est peu probable que vous ayez déjà gouttez quelque chose d'aussi infecte. C'est d'autant plus difficile qu'il faut garder la mixture ainsi malaxée en bouche. La substance active pénètre par les muqueuse, en cas d'ingestion, celle-ci est détruite et ne pénètre pas dans le sang. Nous poursuivons péniblement la chique assis sur le canapé de mon amie. Malheureusement pour elle, le goût est tellement ignoble qu'elle finit par tout recracher et vomir par la même occasion.

Elle reviens à mes côtés. Des effets très léger se font déjà sentir, nous ressentons vite une pesanteur dans notre corps et notre esprit. Ne pouvant pas parler, parce que la bouche pleine, je lui propose avec la main de nous coucher dans le lit. J'aurais voulu (et j'aurais sans doute du) garder en bouche plus longtemps le produit que je recrache finalement peu de temps après elle. Je l'embrasse du bout des lèvres. Je la sens un peu déçu de ne pas avoir pu garder en bouche la Salvia, découragée aussi peut-être.

Allongé l'un contre l'autre je l'enlace dans mes bras, mais je ne suis pas bien installé. Ce n'est pas exactement de la fatigue, mais je ressens le besoins d'immobilité et de confort. Je lui explique et je m'excuse, je sais qu'elle veut être contre moi. Je reste collé à elle, mais détendu de tout mon long, emmitouflé avec elle sous sa couette patchwork. Bien qu'elle ne dise rien je ressens qu'elle perçoit quelque chose. Au bout d'un moment elle me dit qu'elle contemple les légères déformations de l’environnement. Comme moi, elle est assommée par la substance. De mon côté, c'est plus que des déformations. Je n'ai pas spécialement d'états d'âmes, c'est très visuel et ça me plait ainsi. Je me rend tout de même compte que comme pour elle, la dose est faible. C'est comme si le trip était lointain. Je suis à mit chemin entre le vrai monde et « là-bas ».

Je ne suis pas sûr qu'elle le perçoit comme moi, pour elle l'environnement ne fait qu'onduler, ce qui est déjà pas mal quand on a pas l'habitude, j'imagine. C'est comme si notre être était multidimensionnel. Il faut entendre par là que celui-ci s'étend au-delà des trois dimensions physiques. C'est comme si cet être, dont le prolongement est l'esprit, changeait de perspective ; de dimension. Par décalage ou translation successive sur l'un des axes d'une dimension inconnue du commun des mortels. Je repense alors à une expérience de pensée que j'avais imaginé. Lorsque vous faites de l'infographie 3D ou des mathématiques vous représentez le mouvement d'un corps ou d'un objet en fonction du temps qui correspond à une dimension à part entière. Je me demandais alors ce qu'il se passerait visuellement si l'on inversait l'axe x,y ou z avec t. Comment cela affecterait-il les formes et le mouvement?

À mesure de cette lente progression vers « l'autre côté », effectivement, l'environnement ondule et se transforme en un autre monde. Il devient évident que le temps est une dimension spatial. Ce n'est pas le temps qui s'écoule, c'est la conscience qui glisse dans un univers statique. Les objets les plus insignifiants semblent habités par un esprit qui les animes, littéralement.

De l'autre côté de la chambre en bazar, des vêtements sont jetés pêle mêle sur les meubles, et notamment une chaise solitaire et encombrante que mon amie aime d'autant plus qu'elle est orange. Mon regards semble figé sur ces vêtements. Ils semblent voler majestueusement. Les plis du tissu s'anime gracieusement, comme des méduses à la dérive ou un voile sous la brise. J'ignore si c'est l'univers qui bouge ou si c'est le vêtement qui se déplace. Il ressemble à une créature étrange et inoffensive, le genre sans système nerveux complexe et qui se nourrirait de micro organisme invisible à l’œil nu.

Malgré les visions je sens qu'il me faut un effort de concentration pour les maintenir. Je ressens mon corps vibrer comme si j'allais sortir de celui-ci à tout moment. Non, ça n'arrivera pas me dis-je. J'y suis encore bien encré. Je n'en ai pas assez pris. Le lit semble immense, comme un océan, les plis de la couette ondulent, c'est comme si j'étais sur un océans de tissu multicolore. C'est vraiment magnifique. Par instant on croirait à un décors de théâtre de papier et de carton animé en coulisse, derrière la scène. Je suis minuscule dans cet espace si grand.

Je suis frustré de ne pas avoir gardé la Salvia plus longtemps en bouche ça aurait pus aller plus loin, je le sens, c'est certains. Je m'endors finalement avec mon amis qui ne m'as pas attendu pour perdre connaissance.

Au réveil, elle me confirmera n'avoir finalement rien vu d'extra ordinaire si ce n'est des distorsions de l'espace, très légère, comme tout le reste de notre trip.

Peut-être la plante s'introduit elle à nous doucement. Peut-être est-ce une invitation à quelque chose de plus profond.

Le 10 février 2014

C. a répondu. Pas de la manière la plus élégante. Je ne suis pas non plus toujours élégant. Le trou noir s'étant évaporé il emporte avec lui une part de mes illusions. Bien d'autres persistent.

Peu de temps après ma première expérience, comme je l'avait dit dans mon précédent TR, j'avais manifesté de la déception quand au produit, mais son esprit semblait m'habiter encore discrètement. Comme une présence ou une inspiration. J'ai cette idée curieuse que la réalité est une chose vivante en soit, et qu'il est possible de communiquer avec. Jung parlait de synchronicité pour un phénomène à mon sens similaire. Après mon premier trip il restait moins d'un gramme et demi de champignons. J'ai tout gobé un dimanche matin de la même façon. Avec un vers d'eau. Mon trip à été successivement perturbé par plusieurs petit événement anodin qu'il n'est pas intéressant de mentionner. L'expérience aura duré deux à trois heures. Nous retiendrons notamment ce moment tristement comique où, confus, je tâtais à l'aveugle dans le boitier électrique -propriété d'EDF- de chez moi pour attraper mon portable que j'avais fait tomber dedans. Il n'y avait que des files de phases, neutre, et de terre qui ont manqué de me faire gagner les darwins awards 2014.

Les effets se sont fait sentir 40 minutes après ingestions. Tranquillement en train de refaire le papier peint de mon bureau -assurément psychédélique-. Quand soudain il me semble que je me déconnecte. Tout me semble étrange. Tout semble m'appeler. Une lourde fatigue m'arrasse. Pour une obscure raison mon oscilloscope est allumé. Le signal bruité qui s'y affiche est vaguement périodique et semble traduire un état de confusion mental croissant. Je l’éteins. J'ai besoin de m'assoir. La lumière semble irréel. C'est un peu le malaise à vrai dire, je comprend évidement tout de suite ce qu'il m'arrive. Je suis amusé de physiquement ressentir un truc et me laisse surprendre. Je suis étonné que les effets se manifestent de cette façon avec une si petite dose.

Il ne fait pas beau dehors. Une lumière blafarde jaunâtre traverse les nuages et s'efforce de réchauffer l'air et les couleurs de l'extérieur. Par instant la lumière se reflète de tel sorte que, sur le goudron mouillé, si l'on plisse les yeux, éblouit, on pourrait penser que c'est la mer. Des bourdonnements et des sifflements sourds me traversent le corps. Je connais cette sensation. C'est comme quand je m’apprête à sortir de mon corps sans le vouloir. Je suis incapable de me concentrer, et je me sens sensiblement oppressé. J'appréhende un coup de fil ou une interaction humaine requérant des phrases construites. Je m'allonge à même le sol, sur la moquette. Je reste là un moment bouche bée. Mon corps semble paralysée. Seule mes yeux semblent encore relativement dynamique. Je m'amuse à flouter ma vision comme lorsque, tout petit, incapable de dormir, je me prêtais à ces jeux optique, en fermant plus ou moins mes paupières.

Je suis étendu dans la lumière. Le ciel est gris, mais la pièce est très clair. À un moment, une camionnette se gare devant chez moi. Le ronronnement du moteurs m'apaise et me berce. Bien que je ne la vois pas, j’entends la portière s'ouvrir. J’entends les pas et les clapotis. J’entends le moteur. Je reste ainsi un moment. La pièce semble vivante, et chaque motif, chaque forme semble chargé d'une histoire confuse. Des formes se précisent, d'autres disparaissent. Je rêve. Je ressens de lourdes vagues à mesure que le moteur bourdonne. Je suis dans cet état si particulier ou mon esprit semble pouvoir se détacher de mon corps à tout instant. Il me semble être véritablement entre deux réalités.

Entre la réalité et le rêve, il n'y a rien. Dans cet endroit la mémoire est un fardeaux pesant. C'est peut-être plus vide encore que l'image que l'on se fait de la mort. L'horizon de cet espace intermédiaire est tapissé d'entités et de concepts volatiles. De loin, le monde semble déstructuré. Sans cohérence, à l'image d'un rêve confus dont persisterait pourtant l'impression que l'on serait impliqué dans une conjecture grave, des enjeux important. Ce qui est angoissant, c'est de ne pas pouvoir comprendre la quantité d'information qui me submerge. Pourtant à ce moment là, la réalité lointaine semble plus loquace. Et nous semblons entreprendre de communiquer, ou du moins poser les fondements d'une interaction intelligible. Ce n'est pas exactement Dieu, la réalité serait plus comme un langage, une interface dont on ne saisit absolument le sens la plupart du temps. Je me souviens que lorsque je parle de philosophie au chat, lui n'entend que du bruit. Pour lui, la réalité, c'est avant tout sa sieste, le radiateur, le bol de merde aseptisé que je lui sert et qui me coûte la peau du cul et, bien sûr, ses éternelles querelle avec le chat du voisin. Intelligence fractal convergente me dis-je. En ce moment, un Inconnue me parle, il me parle depuis toujours, mais c'est à peine si je l'écoute ou même tente de vraiment le comprendre sans que ma condition d'humain faible et peu concentré prennent le dessus. Sans que mes habitudes, mes désirs, la médiocrité d'un quotidien morbide s'empare de moi.

De ce chaos quelque chose de clair apparaît. Un énième avertissement, un appelle à ne pas s'égarer du chemin. Je suis un rescapé, un fortuné. Pour combien de temps? J'ai chuté de nombreuses fois et Il m'a relevé alors que d'autres sont resté à terre.

Je me redresse brusquement, le son du moteur à quelque chose d'étrange. D'inconsistant. Je l'entend dans ma tête, mais la camionnette est partie. Plus d'une heure s'est écoulée. Les objet jaune dans la pièce ressortent particulièrement plus que tout le reste, et cela me frappe. Je prête l'oreille. J'entends mon téléphone portable sonner. Je me relève, déséquilibré. Et tente de me rappeler où j'ai bien pu le poser. Sur le boitier EDF. Le vibreur le fait se déplacer, et je n'ai pas le temps de le saisir qu'il tombe dans le SEUL PUTAIN de trou de ce PUTAIN de boitier électrique.

Après cet incident, je redescend doucement. Troublé, naturellement. Bien que satisfait, je réalise comme je suis bloqué. J'étais tellement persuadé d'être maître de ma conscience à force de rêve lucide. Je réapprend à rêver, et à vivre. Je réapprend à être humble et à craindre que mon esprit défaille, de perdre ce que j'ai acquis spirituellement. Un héritage qui tout compte fait constitue quelque chose de bien fragile.

J'en veux encore.

À C., le 1er Décembre 2013

Prise de 2.2g de Cubensis Equador, avec de l'eau, Chez moi, Pas mangé depuis 4 ou 5 heure. Bonne lumière et bonne ambiance. Aucune montée, 2h après ingestions, aucun effet visuel notoire mais un fort état introspectif.

L'heure est grave. Les champignons magique, que j'ai avalé ne me font aucun effet. Leur chair bleutée était pourtant, semblait-t-il, saturée en psilocybine. La déception est immense. Il s'agit de cet instant, à la frontière du nihilisme et de la misanthropie, où tu te dis qu'il n'y a rien pour s’échapper de l'aliénante réalité. J'étais déjà bien allumé au collège. On peut même dire que j'ai connue, en quelque sorte, l'illumination. Je sais ce que c'est que de faire l'expérience de réalités alternées, peut-être que c'est pour ça que ces champignons se refusent à moi. Pas de couleurs, pas de rêves éveillés, pas de révélation que je n'ai déjà eu. Je n'apprendrais rien de nouveau. Il me semble connaître tout du monde et du cœur des hommes. Mon ami qui lui aussi écrit à son acte manqué me confessait tout à l'heure qu'il se sent seul. Une amie me confessait tout à l'heure, en pleure, au téléphone qu'elle se sentait seul. Ils se sentent tous seul. En couple ou célibataire, en famille ou entre ami. La solitude est la chose la mieux partagé du monde. Je me sens seul, immensément seul. Trahi au dernier degré par mes espoirs, par mon corps et par mon esprit.

C., tu es vraiment une fille magnifique. Mais la cigarette te fais vieillir prématurément. Je regrette vraiment de ne pas avoir pu être ton ami, je regrette de ne pas avoir pu te dire quand j'aurais pu que je t'aimais. Mon esprit perpétuellement confus ne fait pas la distinction entre passé, présent et futur. La vie est un rêve comme un autre, et le temps est une dimension spatial. Tout est affaire de perspective. Carl Gustave Jung, père de la psychanalyse, s'extasierait devant cette explosion de spontanéité et de sincérité. C., tu le savais ? On à tendance à être sexuellement attiré par des personnes ressemblant à nos parents. Enfin je dis sexuellement, mais en réalité, je parle du mécanisme primitif à l'origine du sentiment amoureux. Il y a quelque temps, en rangeant des cartons, je tombais sur des photos de ma mère. Tu lui ressemble beaucoup, au même âge. Vous avez le même caractère. La même tendresse apparente et la même frustration latente et insidieuse. La même féminité. À moi qui tombe dans un trou noir, au delà de l'horizon des évènements, sur la ligne de ma vie. Je ne m'attend plus à rien. Si jeune et déjà si fatigué de vivre.

Je ne suis pas capable de dire si, à l'issu de ce tripe improbablement introspectif, je sortirais de cette convergence entropique ou si, au contraire, je serais capable de transcender ma condition. Dans un univers parallèle, une réalité subjective, un rêve sans doute, nous nous aimons. Dans cette réalité ta sœur se moque de moi. Se serait comme dans un manga où les protagonistes se parle pour ne rien dire. Où les personnages se chamaille bêtement, et c'est mignon. Tendre. Innocent. Dans cette réalité, je ne connais pas encore le sexe, et je te désire sans comprendre comment ça fonctionne. J'aimerais te toucher. Comme ton regard m'a toujours fasciné, c'est ton visage que j'embrasse en premier, et tu me rend ce baisé, avec ton si beau sourire. Mais nous n'allons pas plus loin parce que nous n'osons pas. Nous n'oserons jamais. Nous nous aimons d'un amour impossible, parce que cette réalité alternative, comme toute les autres prendra fin. C., la réalité n'est pas absolu. Je regrette que tout le monde ne rêve pas comme moi je rêve pour s'en rendre compte.

Tout le monde ne peut saisir cette notion pourtant concrète de réalité alternée.

Tes yeux, ça c'est quelque chose. La topologie de ton visage va bien au delà de tout ce que j'ai pu voir. Une géométrie parfaite qui semble ne parler qu'a moi. Et pourtant tu es si loin. La vie est trop courte pour perdre son temps. Dans la réalité objective, dans le passé, en cours de biologie, nous somme exceptionnellement assis l'un à côté de l'autre. Comme on passait le peu de temps ensemble à être désagréable l'un envers l'autre, il me semble qu'a ce moment là nous étions mal à l'aise. Il fallait pourtant être courtois, ou se montrer qu'on était capable « de ». Difficile de t'observer sans que tu t'en rende compte. Nous nous parlons, nous échangeons. J'aimerais que ça dure, j'aimerais que ça devienne naturel. Tu sens bon. Dans la réalité objective, dans le passé, en cours de français. Tu es assise, et tu regarde droit devant toi. Tu es entourée de je ne sais trop qui. A un moment, quelqu'un sous entend, pour t’embarrasser que tu es amoureuse de moi. Faux souvenir ? Pourtant, c'est à ce moment que j'ai commencé à te considérer. Si cet instant n'a jamais eu lieu, tout une réalité s'est pourtant déroulé, conséquence de cet événement fictif. C'est peut-être ça le big-bang. Une hallucination. Avant, je n'avais pas suffisamment confiance en moi pour pouvoir espérer être aimé par quelqu'un d'aussi belle et doué. À ce moment ambiguë pourtant, il me semble que tu es amoureuse de moi, dans cette réalité objective. Nous ne nous l'avouerons jamais. Pour Erwin Schrödinger, physicien quantique de son époque, l'univers est double.

Tant que je n'ai pas les moyens de vérifier tes sentiments. Tu es simultanément amoureuse et indifférente. Se soir, dans les ténèbres, je rompt la symétrie. J'avais peint un tableau de toi, et je t'en avais envoyé une copie numérique. Sans réponse. En même temps, c'était pas brillant, mais ça rend mieux en vrai. Saisir tes traits, c'est comme te faire mienne. Qu'aurais tu pu répondre ? Plus de sept ans se sont écoulé, plus que le temps nécessaire pour que toutes les cellules de nos deux corps se soient entièrement régénéré. Autrement dit, tu n'es plus du tout la même personne. Ni moi non plus. Je cours après un fantôme, un souvenir. Merci Facebook de conserver pour moi ton image.

C.

Merci internet d'abolir la notion d'espace temps. J'ai franchi l'event horizon. Je me sens chuter. Je redescend. L'univers, au delà du trou noir s'accélère. Le décalage temporel est tel que toute la lumière de l'univers se concentre en un seul point et me brûle. Compressé, il ne reste que la peur. Broyé, dans un maelström de souvenirs et de matière en fusion, dans un vide glacial, dans la lumière. Dans l'obscurité. Au delà du trou noir, l'univers poursuit son expension. Moi qui suit figé dans un abysse dont la science peine à saisir la nature, je ne peu vivre avec mon temps. Dimanche. Dans un univers qui n'est pas encore présent, tu te réveille d'une cuite. Tu te réveille tout court. Tu ne te réveille pas. Mais tu reçoit ce message confus. Indifférente, ou troublée. Surtout très mal à l'aise devant mes embarrassantes obsessions. Peut-être touchée. Peut-être... Mais il fallait bien que j'en finisse, d'une manière ou d'une autre. Je n'ai jamais cessé d'aimer les personnes que j'ai aimé, et qui ne sont plus dans ma vie. Ça n'a plus aucun sens mais je continue d'étendre cet affection torturé dans le vide. J'espère secrètement un écho à ma mesure. J'espère ne pas être seul ; j'espère un signal. Un écho. Juste un écho. Un écho lointain. Tous les trous noirs sont destinés à s'évaporer. En son sein, je ne puis plus communiquer avec l'univers. C'est mon dernier message, qui s'étire et s'étend, longuement, puis le silence. Enfin.